Saturday, December 02, 2006

Amour, fantasmes et pornographie

Subtil, aérien, envoûtant, excitant, mystérieux, diaphane, l’amour, riche de mille promesses éthérées, subjugue ses victimes consentantes. Il est si facile à l’ingénu de tomber sous le charme suave de ce poison, de se trouver piégé par cette drogue délétère.

Aimer, c’est s’aveugler totalement et nier l’évidence : notre vie est absurde et tragique. L’amour est une illusion, un sortilège dont on ne revient pas sans souffrir horriblement.

L’amoureux désespéré n’est rien d’autre qu’un drogué en manque. Quand la douleur s’estompe enfin, que reste-t-il ? Un profond sentiment de mal-être, une lassitude intense, l’envie d’en finir…

Fusion de l’esprit, l’amour est aussi celle des corps. Le spectacle de l’amour : gesticulations, rapprochement des muqueuses, sécrétions de sueur, de glaires et d’humeurs… Excitante, répugnante, avilissante, la pornographie éclaire de sa lumière abjecte la crudité de l’amour. Ce réalisme torpille les fantasmes, assassine les chimères.

Après l’amour, après la pornographie ne reste que la solitude.

Saturday, November 25, 2006

Les clés du paradis

Novembre 2007. La précampagne bat son plein. On se bouscule au portillon de l'Elysée. Confortable et prestigieux, le job attire une foule de postulants. C'est, dit-on, la preuve que notre système démocratique est en bonne santé ! Evidemment, un candidat unique, ça ne ferait pas sérieux dans notre société hautement civilisée... Mais cette multiplicité de candidatures m'inquiète. Etes-vous tous réellement capables et dignes d'exercer la fonction suprême ? Qui, parmi vous, pourrait en son âme et conscience répondre par l'affirmative ? Candidats trop nombreux, vous me terrorisez ! Ne trouvez-vous pas qu'il y quelque impudeur à vous exhiber, tels des ânes de foire, à tenter de braire plus fort que les autres ?

Vous pourriez vous inquiéter à l'idée d'endosser une telle responsabilité. Vous devriez vous demander si l'un ou l'autre de vos rivaux ne serait pas à même de mieux faire. Au lieu de modestie, vous rivalisez d'arrogance et de tintamarre. Des promesses qui ne vous engagent pas, des relents de populisme, des torrents de démagogie, tous les moyens sont bons pour gagner. Il vous faut désormais vous entretuer. C'est la loi de la jungle, pas la démocratie.

Pour l'emporter, vous êtes prêts à toutes les impudeurs, à toutes les hypocrisies, à toutes les trahisons. Vous me demandez mon suffrage afin d'obtenir les clés de l'Elysée alors que je n'oserais même pas, l'été venu, vous confier celles de ma maison pour que vous puissiez passer arroser mes plantes et nourrir mon chat !

Libido et flatulences

Le désir, à l'origine des turgescences de marbre rouge dont se flatte le jeune mâle avide de croquer la vie, enflamme le cerveau aussi bien que le bas-ventre. La tripe en feu, il faut partir en chasse, trouver de jeunes proies auprès desquelles se décharger de ce trop plein d'amour, de ce fardeau gluant, en une apothéose abominable, exquise dégoûtation lorsque survient la petite mort.
Il y a un temps pour tout. Un temps pour aimer, un temps pour haïr. Un temps pour désirer, un temps pour se lasser. Les années s'amoncellent et finissent par desserrer l'étreinte de l'inassouvissement. Libéré de concupiscences odieuses, croit-on enfin toucher à l'apaisement, à la paix des braves ? Hélas ! Phallus flasque et tiède mais ventre honteusement gonflé de flatulences, le temps n'est pas à la sérénité. Triste condition ! Or, soie, caviar, organdi, les fragrances du luxe préservent-elles de l'infamie ? Duc, prince, roi, golden boy, Citizen Kane, startupper, yuppy, prolétaire, erémiste, en une ultime justice, gaz et vers exterminent sans faire de différence.

Wednesday, October 18, 2006

Divorce

Un mariage sur trois se termine par un divorce. Et même un sur deux en Région Parisienne. Facile à comprendre. Les gens vivent plus vieux. A force, ils finissent par apprendre à se haïr. C’est plus facile de vivre avec des souvenirs.
Pensons à ces veuves de guerre d’un autre âge qui s’abstinrent de loucher sur un autre homme, et, restant fidèle à l’image du héros mort, se sont confites dans le vague souvenir d’un époux qu’elles n’avaient franchement pas eu le temps de connaître. Tant de tombes ! Tant de veuves tristes !
Les baïonnettes ont rouillé. Les femmes ont depuis belle lurette conquis leur autonomie financière et peuvent décider de rompre sans se retrouver à la rue ni se couvrir d’infamie.
L’Eglise catholique a perdu de son influence. Le caractère sacré du mariage, son indissolubilité sont passés de mode. Dans la foulée, les époux sont devenus d’abominables consuméristes.
" Mon partenaire est trop vieux, trop moche. Il ne m’apporte plus ce que je suis en droit d’attendre. Prestations sexuelles minables ! Il ronfle ! Il boîte ! Comprenez-moi ! J’en ai ma claque ! Vous ne connaîtriez pas un bon avocat ? "
Le conjoint laissé pour compte n’est rien d’autre qu’une denrée périssable. Abîmé, défraîchi, on le jette. Pour relancer l’Institution, suggérons aux compagnies d’assurance de proposer une Garantie Mariage Heureux avec prise en charge des frais de divorce…à l’image de la Garantie Obsèques.
En attendant, vive les familles recomposées ! Sans oublier que la décomposition, en l’occurrence, précède toujours la recomposition.
Qu’en pensent les enfants et les chiens ?

Longévité

L’espérance de vie augmente d’un an tous les quatre ans. En imposant la réduction de la vitesse sur l’ensemble du réseau routier, en surtaxant le tabac, en réprimant la conduite automobile sous l’empire de l’alcool, en généralisant des mesures de prévention des cancers ou des maladies cardio-vasculaires, en n’optant plus systématiquement pour des guerres meurtrières, les pouvoirs publics ont fait beaucoup pour augmenter l’espérance de vie des populations. Grâce leur soit rendue. D’ici 2040, le nombre de personnes dépendantes augmentera de 43 %.

Saturday, September 23, 2006

TératologiX

Allez savoir pourquoi Allemandes et Nordiques aux laiteuses carnations raffolent du naturisme.

Jetez un coup d'oeil sur une plage de nudistes. Otez votre maillot avant de tenter l'expérience si vous ne voulez pas vous faire écharper par une horde de forcenés de la quéquette au vent ! Ne détournez pas les yeux ! Outrepassez votre pudibonderie naturelle pour voir ce qu'il en est ! Observez le tableau d'Apocalypse qui s'offre à votre regard hagard d'estivant égaré ! Contemplez cette fabuleuse collection de monstruosités anatomiques que n'aurait pas reniée Jérôme Bosch !

Corps gargantuesques, suants, graisseux, enduits de crème anti-solaire. Mamelles hypertrophiées, ventres en barrique. Vergetures.Verges molles. Vierges folles. Sylphides obèses ! Naïades rebondies. Bourrelets cramoisis. Il les mord, le soleil !

Efflanquées, passez votre chemin ! Rentrez à la maison ! Installez-vous devant la cassette de Blanche Neige et les Sept Nains. "Miroir magique, suis-je la plus belle en ce château" ? Passez-vous de dessert ! Et surtout, ne laissez personne vous souffler la réponse !

Sunday, September 03, 2006

Kalachnikov et vibromasseur

Jadis pensée pour distraire et former la jeunesse, la guerre voit, dans les pays dits civilisés, ses vertus pédagogiques sérieusement remises en cause.

Les jeunes adultes des siècles passés rêvaient de gloire et d’héroïsme. Blessures et décorations leur conféraient un immense prestige. Si, par chance, ils ne mourraient pas au champ d’honneur, nos héros, de retour du théâtre des opérations, se voyaient aimés des femmes. Et pendant les campagnes, ils n’avaient qu’à profiter des désordres inhérents aux combats pour jouir à bon compte des captives. Dans l'attente du repos du guerrier, pillages et viols, bien légitime exutoires, étaient leurs récompenses.

Aujourd’hui, pour prétendre à une telle gloire, il suffit de se contorsionner derrière une guitare. Nul besoin de se crotter sur les champs de bataille pour revenir auréolé d’un prestige garantissant l’accès au beau sexe.

Les femmes, enfin libérées de vieilles craintes, d'antiques tabous par la magie de la contraception, n’exigent plus, fort heureusement, de gages d’héroïsme pour s'immoler à la lubricité des sujets mâles. Ceux-ci, pour calmer leurs appétits, n’auraient pas l'idée de s’élancer, fleur au fusil, dans d’incertaines batailles. En vérité, comblés, repus, épargnés par toute forme de frustration, que gagneraient-ils à répondre présent ! à l'appel des sergents recruteurs ?

Oui, la guerre n'est plus ce qu'elle était. Elle a perdu de son lustre. C’est une façon inefficace et plutôt coûteuse de régler les antagonismes entre les peuples. Les beaux esprits ne la considèrent plus comme le fin du fin de la civilisation. L’opinion ne lui voit guère d’autre utilité que de remplir les poches profondes des valets et des actionnaires du complexe militaro-industriel.

Les va-t-en-guerre vont-ils pour autant disparaître ? Ne rêvons pas ! Si dans de nombreux pays, les populations s'en remettent bravement au piercing pour se faire trouer la peau, certaines régions fort arriérées se révèlent plutôt fertiles en fanatiques de tout poil, frustres et frustrés. Il y a fort à parier que ces diables préféreront longtemps encore la kalachnikov au vibromasseur.

Thursday, August 31, 2006

Le mâle dominant

Les partenaires sexuels sont attirés par la beauté, la force, l’intelligence.

Les lois de la nature s’organisent autour de la sélection naturelle. Toute la question est de savoir si vous êtes, ou serez un jour, le mâle dominant.

Si vous n'êtes pas naturellement paré de telles séductions, si les années ont torpillé vos charmes, étourdissez-vous d’illusions ou de faux-semblants. Imaginez de minables succédanés. Brisez vos tabous en attendant de mourir idiot !

A moins que... Si vous avez les poches pleines, même si vous n'êtes franchement plus très présentable, il se trouvera toujours des personnes ravies de se frotter la couenne contre votre épiderme déliquescent.Votre argent dissimulera vos petites misères et fera de vous une personne avenante et désirable ! Quelle merveille que cet argent-là ! Ersatz paré de tous les attraits, il a tous les pouvoirs. Il rend jeune, sexy, intelligent…

L'argent

Glossaire du politiquement correct

L'argent (à propos de)

Y penser, en gagner, le jeter par les fenêtres, le brûler ?

L’argent, parait-il, donne la liberté. Celui qui n'a pas d’argent passe sa vie à essayer de la gagner…. Celui qui en a trop finit par s’ennuyer au point de devenir l'esclave de toutes sortes de distractions stupides.

La richesse est transitoire. Personne n'emporte son compte en banque dans la tombe.

Si l'aisance procure à certains individus un agréable sentiment de sécurité, chez d'autres, l'argent provoque angoisses et insomnies. Comment conserver ou faire fructifier son patrimoine ? Comment éviter de se faire escroquer ? De quoi perdre le sommeil en effet !

Curieusement, l’argent récompense fort mal le travail honnête et pénible. Les métiers les plus atroces sont les plus mal rémunérés.

La richesse des uns n’explique pas la pauvreté des autres. Si le système fonctionnait selon le principe des vases communicants, il suffirait de crier : " Malheur aux riches ! " En réalité, le fric appelle le fric. Les riches le sont de plus en plus, arrondissant leur magot jusqu'à leur dernier souffle (et même au delà; grand bien leur fasse !). Dieu merci, le train de vie déraisonnable des happy few assure les rentrées d'une kyrielle de braves gens qui se mettent à leur service : masseuses, attachées de presse, chauffeurs, gardes du corps, caméristes, fleuristes, bottiers, maîtres d'hôtel, skippers, joailliers, paparazzi...
D'ailleurs, l’essentiel n’est pas tant l'origine de la fortune que l'utilisation qui en est faite. Fondations caritatives ? Terrorisme international ?

L'argent ne récompense que trop rarement le talent ou le mérite.Le vulgum pecus aura du mal à masquer sa stupéfaction à la vue de PDG sans vergogne qui se décarcassent pour ruiner leur entreprise tout en prétendant à de folles rémunérations, sans craindre d'offrir le spectacle d'une rapacité à la mesure de leur incompétence.

L'écart entre riches et pauvre se creuse au point de devenir difficilement tolérable. Faudra-t-il refaire la révolution pour mettre un terme à ces abus ?