Kalachnikov et vibromasseur
Jadis pensée pour distraire et former la jeunesse, la guerre voit, dans les pays dits civilisés, ses vertus pédagogiques sérieusement remises en cause.
Les jeunes adultes des siècles passés rêvaient de gloire et d’héroïsme. Blessures et décorations leur conféraient un immense prestige. Si, par chance, ils ne mourraient pas au champ d’honneur, nos héros, de retour du théâtre des opérations, se voyaient aimés des femmes. Et pendant les campagnes, ils n’avaient qu’à profiter des désordres inhérents aux combats pour jouir à bon compte des captives. Dans l'attente du repos du guerrier, pillages et viols, bien légitime exutoires, étaient leurs récompenses.
Aujourd’hui, pour prétendre à une telle gloire, il suffit de se contorsionner derrière une guitare. Nul besoin de se crotter sur les champs de bataille pour revenir auréolé d’un prestige garantissant l’accès au beau sexe.
Les femmes, enfin libérées de vieilles craintes, d'antiques tabous par la magie de la contraception, n’exigent plus, fort heureusement, de gages d’héroïsme pour s'immoler à la lubricité des sujets mâles. Ceux-ci, pour calmer leurs appétits, n’auraient pas l'idée de s’élancer, fleur au fusil, dans d’incertaines batailles. En vérité, comblés, repus, épargnés par toute forme de frustration, que gagneraient-ils à répondre présent ! à l'appel des sergents recruteurs ?
Oui, la guerre n'est plus ce qu'elle était. Elle a perdu de son lustre. C’est une façon inefficace et plutôt coûteuse de régler les antagonismes entre les peuples. Les beaux esprits ne la considèrent plus comme le fin du fin de la civilisation. L’opinion ne lui voit guère d’autre utilité que de remplir les poches profondes des valets et des actionnaires du complexe militaro-industriel.
Les va-t-en-guerre vont-ils pour autant disparaître ? Ne rêvons pas ! Si dans de nombreux pays, les populations s'en remettent bravement au piercing pour se faire trouer la peau, certaines régions fort arriérées se révèlent plutôt fertiles en fanatiques de tout poil, frustres et frustrés. Il y a fort à parier que ces diables préféreront longtemps encore la kalachnikov au vibromasseur.
Les jeunes adultes des siècles passés rêvaient de gloire et d’héroïsme. Blessures et décorations leur conféraient un immense prestige. Si, par chance, ils ne mourraient pas au champ d’honneur, nos héros, de retour du théâtre des opérations, se voyaient aimés des femmes. Et pendant les campagnes, ils n’avaient qu’à profiter des désordres inhérents aux combats pour jouir à bon compte des captives. Dans l'attente du repos du guerrier, pillages et viols, bien légitime exutoires, étaient leurs récompenses.
Aujourd’hui, pour prétendre à une telle gloire, il suffit de se contorsionner derrière une guitare. Nul besoin de se crotter sur les champs de bataille pour revenir auréolé d’un prestige garantissant l’accès au beau sexe.
Les femmes, enfin libérées de vieilles craintes, d'antiques tabous par la magie de la contraception, n’exigent plus, fort heureusement, de gages d’héroïsme pour s'immoler à la lubricité des sujets mâles. Ceux-ci, pour calmer leurs appétits, n’auraient pas l'idée de s’élancer, fleur au fusil, dans d’incertaines batailles. En vérité, comblés, repus, épargnés par toute forme de frustration, que gagneraient-ils à répondre présent ! à l'appel des sergents recruteurs ?
Oui, la guerre n'est plus ce qu'elle était. Elle a perdu de son lustre. C’est une façon inefficace et plutôt coûteuse de régler les antagonismes entre les peuples. Les beaux esprits ne la considèrent plus comme le fin du fin de la civilisation. L’opinion ne lui voit guère d’autre utilité que de remplir les poches profondes des valets et des actionnaires du complexe militaro-industriel.
Les va-t-en-guerre vont-ils pour autant disparaître ? Ne rêvons pas ! Si dans de nombreux pays, les populations s'en remettent bravement au piercing pour se faire trouer la peau, certaines régions fort arriérées se révèlent plutôt fertiles en fanatiques de tout poil, frustres et frustrés. Il y a fort à parier que ces diables préféreront longtemps encore la kalachnikov au vibromasseur.

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